“Comment réussir dans un monde d’égoïstes” – Editions Odile Jacob

Robert AXELROD (né en 1943) est professeur de science politique, lauréat du prix MacArthur en 1987. Ses travaux sur l’évolution de la coopération, liée à la théorie des jeux, ont été cités dans plus de cinq mille articles scientifiques.

AXELROD a découvert que la coopération peut évoluer en 3 phases:

ô    La coopération peut émerger même dans un monde ou tout le monde fait cavalier seul, à condition que les individus puissent se rencontrer.

ô    Des éléments de morale comme l’honnêteté, la générosité ou le civisme ne sont pas nécessaires s’il existe des intérêts personnels pouvant se développer grâce au phénomène de réciprocité.

ô    La stratégie fondée sur la réciprocité peut prospérer dans un monde où il existe de nombreuses stratégies différentes.

Une fois établie la coopération peut résister contre d’autres stratégies moins coopératives.

Il souligne alors 4 comportements individuels pouvant favoriser la coopération:

ô    ne pas être jaloux de la réussite de l’autre,

ô    ne pas être le premier à faire cavalier seul,

ô    pratiquer la réciprocité dans tous les cas,

ô    ne pas être trop malin.

Puis AXELROD fait quelques suggestions pour créer un environnement favorable à la coopération:

ô    Plus la conséquence de l’action prise maintenant aura des répercussions sur le futur, et plus la coopération sera efficace.

ô    Modifier les gains de façon à rendre la coopération plus bénéfique.

ô    Enseigner les gens à se soucier les uns des autres.

ô    Enseigner la réciprocité.

ô    Améliorer les capacités de reconnaissance (de la stratégie de l’autre, et savoir reconnaître la coopération et la réciprocité).

Une structure sociale est nécessaire à l’établissement de la coopération (il ne faut pas d’isolement).

AXELROD examine alors 4 facteurs intéressants pouvant engendrer des structures sociales :

ô    L’étiquette d’une personne (ensemble repérable de ses caractéristiques immuables, comme le sexe) aide à présupposer un comportement, et oriente donc notre choix initial de coopérer ou non.

ô    La réputation que l’on se crée sert de force de dissuasion, car elle rend la menace plus ou moins crédible.

ô    La réglementation se doit d’être suffisamment sévère pour être utile, mais pas trop pour emporter la participation des administrés et éviter des conflits systématiques qui coûtent cher.

ô    Le principe de territorialité fait qu’on entraîne plus facilement son voisin à imiter un type de comportement, qu’un inconnu. En ce sens, un exemple percutant, même s’il n’est pas le meilleur, pourra entraîner une forte imitation chez les voisins.

L’auteur termine son étude en reprenant le principe de réciprocité, et en mesurant sa robustesse (sa capacité à résister à l’invasion d’autres stratégies).

Il en conclue que ce principe est une ouverture vers un monde meilleur, appliquant une valeur commune, et stable car dans l’intérêt de tous. Ce qui réussit a des chances d’apparaître plus souvent à l’avenir.